L’ergothérapie est une discipline de la santé qui favorise le bien être et l’autonomie des personnes sur le plan physique, affectif et social en soutenant leur participation aux activités essentielles de la vie quotidienne. Elle vise à préserver leur qualité de vie, à les accompagner dans un milieu de vie adapté à leurs besoins et à faciliter leur intégration à la communauté. L’activité constitue à la fois son domaine d’expertise et son principal moyen thérapeutique. Les ergothérapeutes peuvent se spécialiser auprès d'une population spécifique, comme les enfants ou les personnes âgées, les patientes et patients atteints de problèmes particuliers comme la démence, une lésion traumatique du cerveau ou la douleur chronique, ou s'occuper d'interventions particulières, par exemple des programmes de réinsertion professionnelle. Il y a plus de 6 500 ergothérapeutes au Québec, dont la grande majorité est des femmes (92 %). Les ergothérapeutes exercent majoritairement dans le secteur public, qui regroupe environ 70 % de la profession, tandis qu’environ 20 % pratiquent au privé. Le secteur de la santé constitue le principal milieu d’exercice, puisqu’il concentre la plus grande proportion d’ergothérapeutes.
Comme les ergothérapeutes touchent les activités quotidiennes et l’autonomie fonctionnelle, ces personnes travaillent en étroite collaboration avec plusieurs autres professionnelles et professionnels. Dans le secteur de la santé, les ergothérapeutes collaborent avec les physiothérapeutes, les médecins, les infirmières et infirmiers, les neuropsychologues, etc. Dans le secteur de l’adaptation à domicile, elles et ils côtoient, entre autres, des orthésistes/prothésistes ainsi que des ergonomes, qui aident à prévenir et améliorer les conditions de l’environnement. Cette interdisciplinarité peut expliquer, en partie, que très peu d’ergothérapeutes sont travailleuses ou travailleurs autonomes.
Il peut parfois être difficile de distinguer le rôle de l’ergothérapeute de celui de l’ergonome, puisque leurs champs d’intervention sont complémentaires. À titre distinctif, l’ergonome intervient principalement en prévention, afin d’éviter l’apparition de problématiques, tandis que l’ergothérapeute intervient en fonction des limitations de la personne, en adaptant les activités, les outils ou l’environnement.
Pour exercer comme ergothérapeute, la réussite du continuum baccalauréat-maîtrise en ergothérapie est nécessaire. Ces programmes contingentés s’effectuent sur une période de quatre ans et demi et incluent des stages cliniques. Par la suite, la personne diplômée doit s’inscrire à l’Ordre des ergothérapeutes du Québec (OEQ) afin d’obtenir son droit de pratique.
Un doctorat dans la discipline est généralement exigé pour les postes de professeures et professeurs d’université. Une expertise dans le domaine (recherche, publications, travail, etc.) et de l’expérience en enseignement sont généralement demandées également.
Auxiliaires d'enseignement
Il est possible de s’initier à l’enseignement universitaire avant des études au troisième cycle. En effet, plusieurs personnes qui étudient au 1er, 2e ou 3e cycle occupent des emplois d’auxiliaire d’enseignement. À ce titre, elles doivent assister le personnel enseignant dans les diverses tâches requises pour la préparation et la présentation des cours ou des laboratoires, ainsi que pour l’évaluation des apprentissages. L’auxiliaire d’enseignement peut également se voir confier une tâche d’enseignement, sous la responsabilité d’une ou d'un membre du corps professoral.
Au 3e cycle, des cours sont offerts aux étudiantes et étudiants désireux de faire carrière en pédagogie universitaire.
Chargées et chargés de cours
Les chargées et chargés de cours sont responsables de transmettre la matière aux étudiantes et étudiants en offrant des cours dans différents domaines. Elles et ils sont souvent aux études supérieures ou à l'emploi comme professionnelles et professionnels dans leur secteur d'activité et la charge de cours d'ajoute à leurs activités. Les contrats se font généralement par trimestre sans garantie de renouvellement. Les universités peuvent toutefois établir des listes de rappel en fonction de l'ancienneté.
En plus d'enseigner leur matière, les chargées et chargés de cours effectuent habituellement les tâches suivantes : diriger les travaux pratiques, alimenter des discussions, préparer et corriger les travaux et les examens, répondre aux questions des étudiantes et étudiants, suivre les plans de cours, préparer le matériel nécessaire et évaluer les progrès des étudiantes et étudiants.
Professeures et professeurs
La première étape d'une carrière universitaire en vue d'une permanence est celle de professeure adjointe ou professeur adjoint. Ce titre est destiné aux titulaires d'un doctorat s'orientant vers une carrière universitaire. Le travail consiste à enseigner aux étudiantes et étudiants du 1er cycle et des cycles supérieurs dans sa discipline. La personne peut aussi être appelée à réaliser des travaux de recherche et à superviser les projets de recherche d'étudiantes et d'étudiants de baccalauréat, de maîtrise ou de doctorat. L'engagement initial se fait pour une période d'au plus 3 ans* dans le cadre d'un poste à temps complet. Après cette période, le conseil de la faculté peut prolonger le contrat pour une période d'au plus 3 ans*, soit recommander une promotion au titre d'agrégé ou ne pas renouveler. *Le nombre d’années peut varier d’une université à l’autre.
La seconde étape est celle de professeure agrégée et professeur agrégé. Ces personnes ont démontré des qualités d'enseignement et ont cumulé un certain nombre d'années d'expérience en enseignement universitaire. Elles ont aussi contribué au développement de leur discipline par des recherches, sinon elles peuvent posséder une expérience professionnelle appréciable dans leur domaine et obtenir une promotion pour l'obtention du titre de professeure agrégée ou professeur agrégé et ainsi obtenir leur permanence. La ou le professeur agrégé enseigne des cours de 1er, 2e ou 3e cycle dans son champ de compétence. De plus, la personne réalise des travaux de recherche liés à son expertise, dirige des projets de recherche auprès d'étudiantes et d'étudiants des 3 cycles, est membre d'une équipe de recherche et s'implique dans les divers comités de son département et de sa faculté.
L'étape subséquente représente le dernier et le plus haut niveau de la carrière universitaire, soit celui de professeure ou de professeur titulaire. Ce titre peut être accordé aux professeures et aux professeurs agrégés qui possèdent plusieurs années d'expérience en enseignement universitaire et qui ont réalisé et publié un certain nombre de travaux de recherche. Elles et ils doivent faire une demande et soumettre un dossier pour évaluation. La nomination est généralement accordée aux personnes s’étant distinguées dans le cadre de leur enseignement, de leurs recherches, de leur contribution au développement de leur discipline et à son rayonnement.
Si vous envisagez une carrière en recherche, différentes possibilités s’offrent à vous. En effet, si l’on pense tout de suite aux établissements universitaires, on trouve aussi des chercheuses ou chercheurs dans des centres d’intervention ou au gouvernement, dans des centres de recherche publics, parapublics et privés (dont les centre d’innovation des cégeps et des collèges du Québec), dans des sociétés de consultantes et de consultants, dans des organismes internationaux, etc. Il n’est pas rare, non plus, qu’une chercheuse ou un chercheur démarre une entreprise.
Sachez qu’il est possible de s’initier à la recherche avant des études de troisième cycle. Certains programmes de premier cycle offrent des cours permettant d’acquérir ce type d’expérience. Ces cours peuvent s’intituler Stage, Stage de recherche, Initiation à la recherche, Projet de recherche, Formation pratique, etc. De même, plusieurs étudiantes et étudiants de 1er, 2e ou 3e cycle occupent des emplois d’auxiliaire de recherche. À ce titre, elles et ils doivent assister une équipe de recherche, une professeure ou un professeur, ou encore une autre personne qui reçoit des subventions ou des contrats de recherche dans ses différentes tâches relatives à la recherche. Les auxiliaires travaillent généralement à temps partiel pendant leurs études.
Le diplôme exigé, du baccalauréat avec expérience au post-doctorat, varie selon le type d’emploi et le milieu.
Plusieurs organismes utilisent des services externes de consultantes et consultants en ergothérapie (voir pratique privée). Certains postes peuvent être présents à l’interne, mais ils requièrent une expertise spécifique ainsi que plusieurs années d’expérience.
Dans ce secteur, les possibilités d’exercice demeurent plus limitées. Les ergothérapeutes y travaillent le plus souvent sous contrat ou comme consultantes ou consultants.
Les résultats du tableau ci-dessous proviennent de l'enquête La Relance à l'université conduite tous les deux ans par le ministère de l'Enseignement supérieur du Québec. Réalisée en 2023, elle vise à faire connaître la situation des personnes titulaires d'un baccalauréat ou d'une maîtrise de la promotion 2021, environ 20 mois après l'obtention de leur diplôme. Étant donné que les résultats ci-dessous concernent l'ensemble des personnes diplômées du Québec, le nom du programme peut varier de celui de l'Université Laval.
| Programme | Diplôme | Personnes diplômées visées par l'enquête | Taux de réponse | À la recherche d'un emploi | Aux études | Personnes Inactives | En emploi | En emploi lié à la formation |
Caractéristiques de l'emploi lié à la formation |
||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| À temps plein | Satisfaction de l'emploi | Salaire horaire moyen | |||||||||
| N | % | % | % | % | % | % | % | % | $ | ||
|
Ergothérapie |
Baccalauréat |
212 |
65,6 |
7,2 |
16,5 |
11,5 |
64,7 |
88,9 |
90 |
69,2 |
30,93 |
|
Maitrise |
248 |
59,3 |
0 |
4,1 |
2,7 |
93,2 |
98,5 |
94,8 |
66,7 |
34,43 |
|
Statistiques salariales
Selon les données issues de Statistique Canada mises à jour en novembre 2025, le salaire horaire médian des ergothérapeutes au Québec est de 46,00 $/heure et pour la région de la Capitale-Nationale de 48,00 $/heure tous milieux confondus.
Il est possible de consulter l’échelle salariale en vigueur du Comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux.
Les ergothérapeutes demeurent des professionnelles et professionnels de la santé encore trop peu connus, alors que toute personne vivant des difficultés fonctionnelles, quel que soit sa condition ou son état de santé, peut bénéficier de leur expertise. Dans ce contexte où les milieux de travail, les clientèles et le modèle de pratique peuvent différer largement, il devient essentiel pour chaque ergothérapeute de choisir un employeur dont la mission, les valeurs et les conditions de pratique sont cohérentes avec sa vision professionnelle.
Que l’on soit attiré par la pédiatrie, la réadaptation physique, l’ergonomie, les interventions en milieu communautaire ou encore la santé mentale, il existe divers milieux de travail atypiques pour les ergothérapeutes. Par exemple, en santé mentale, les ergothérapeutes peuvent être intégrés aux équipes de Suivi intensif dans le milieu (relevant des CIUSSS). Le rôle de ces équipes est d’offrir des services spécialisés directement dans la communauté aux adultes présentant des troubles mentaux graves (troubles psychotiques sévères, troubles bipolaires, etc.), dont la condition est souvent instable et fragile. Dans ce cas, les ergothérapeutes comme les autres membres de l’équipe interdisciplinaire misent sur les forces de la personne et sur le développement des compétences nécessaires à la vie en société en offrant des services variés et très concrets tels que la gestion des médicaments, l’accompagnement aux rendez-vous médicaux, les visites régulières dans le milieu de vie de l'usagère ou de l’usager, etc. Explorer des milieux de travail atypiques peut ainsi s’avérer bénéfique, puisqu’évoluer dans un environnement en accord avec ses intérêts et sa philosophie d’intervention favorisa votre épanouissement professionnel.
Perspectives d'emploi
Selon les données issues du gouvernement du Québec en date de janvier 2026, les perspectives d’emploi pour cette profession sont jugées excellentes. Du côté du gouvernement du Canada, les perspectives provinciales se montrent plus prudentes : le Guichet Emplois les qualifie de modérées pour la période 2025 2027, toutes régions confondues.
Sources et ressources utilisées
OEQ
Guichet-Emploi (gouvernement du Canada)
Gouvernement du Québec
La relance à l’Université 2023
Comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux
Faculté de médecine, Université Laval
Mise à jour : vendredi 20 mars 2026