Le Québec compte environ 580 audiologistes (OOAQ, 2025). Leur travail consiste principalement à prévenir, évaluer et traiter les problématiques associées à leurs champs d’expertise, soit l’audition et le système vestibulaire. Elles et ils collaborent souvent avec plusieurs autres professionnelles, professionnels, intervenantes et intervenants du domaine de la santé et de l’éducation ainsi que les proches de la personne accompagnée. Cette profession offre des occasions d’emploi varié en intervenant auprès d’une clientèle diversifiée, allant du nouveau-né à la personne aînée.
Au Québec, il n’existe pas de baccalauréat en audiologie. La maîtrise en audiologie est exigée pour obtenir le droit de pratique et l’inscription au tableau de l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec (OOAQ). Pour accéder à cette maîtrise, il est possible de détenir un baccalauréat dans n’importe quelle discipline, bien que les programmes liés aux sciences et à la santé, tels que les sciences biomédicales, la biologie, les neurosciences ou la psychologie soient particulièrement pertinents. La maîtrise est contingentée et sa durée estimée est de 2 ans à temps complet, incluant des stages cliniques.
Un doctorat dans la discipline est généralement exigé pour les postes de professeures et professeurs d’université. Une expertise dans le domaine (recherche, publications, travail, etc.) et de l’expérience en enseignement sont généralement demandées également.
Auxiliaires d'enseignement
Il est possible de s’initier à l’enseignement universitaire avant des études au troisième cycle. En effet, plusieurs personnes qui étudient au 1er, 2e ou 3e cycle occupent des emplois d’auxiliaire d’enseignement. À ce titre, elles doivent assister le personnel enseignant dans les diverses tâches requises pour la préparation et la présentation des cours ou des laboratoires, ainsi que pour l’évaluation des apprentissages. L’auxiliaire d’enseignement peut également se voir confier une tâche d’enseignement, sous la responsabilité d’une ou d'un membre du corps professoral.
Au 3e cycle, des cours sont offerts aux étudiantes et étudiants désireux de faire carrière en pédagogie universitaire.
Chargées et chargés de cours
Les chargées et chargés de cours sont responsables de transmettre la matière aux étudiantes et étudiants en offrant des cours dans différents domaines. Elles et ils sont souvent aux études supérieures ou à l'emploi comme professionnelles et professionnels dans leur secteur d'activité et la charge de cours d'ajoute à leurs activités. Les contrats se font généralement par trimestre sans garantie de renouvellement. Les universités peuvent toutefois établir des listes de rappel en fonction de l'ancienneté.
En plus d'enseigner leur matière, les chargées et chargés de cours effectuent habituellement les tâches suivantes : diriger les travaux pratiques, alimenter des discussions, préparer et corriger les travaux et les examens, répondre aux questions des étudiantes et étudiants, suivre les plans de cours, préparer le matériel nécessaire et évaluer les progrès des étudiantes et étudiants.
Professeures et professeurs
La première étape d'une carrière universitaire en vue d'une permanence est celle de professeure adjointe ou professeur adjoint. Ce titre est destiné aux titulaires d'un doctorat s'orientant vers une carrière universitaire. Le travail consiste à enseigner aux étudiantes et étudiants du 1er cycle et des cycles supérieurs dans sa discipline. La personne peut aussi être appelée à réaliser des travaux de recherche et à superviser les projets de recherche d'étudiantes et d'étudiants de baccalauréat, de maîtrise ou de doctorat. L'engagement initial se fait pour une période d'au plus 3 ans* dans le cadre d'un poste à temps complet. Après cette période, le conseil de la faculté peut prolonger le contrat pour une période d'au plus 3 ans*, soit recommander une promotion au titre d'agrégé ou ne pas renouveler. *Le nombre d’années peut varier d’une université à l’autre.
La seconde étape est celle de professeure agrégée et professeur agrégé. Ces personnes ont démontré des qualités d'enseignement et ont cumulé un certain nombre d'années d'expérience en enseignement universitaire. Elles ont aussi contribué au développement de leur discipline par des recherches, sinon elles peuvent posséder une expérience professionnelle appréciable dans leur domaine et obtenir une promotion pour l'obtention du titre de professeure agrégée ou professeur agrégé et ainsi obtenir leur permanence. La ou le professeur agrégé enseigne des cours de 1er, 2e ou 3e cycle dans son champ de compétence. De plus, la personne réalise des travaux de recherche liés à son expertise, dirige des projets de recherche auprès d'étudiantes et d'étudiants des 3 cycles, est membre d'une équipe de recherche et s'implique dans les divers comités de son département et de sa faculté.
L'étape subséquente représente le dernier et le plus haut niveau de la carrière universitaire, soit celui de professeure ou de professeur titulaire. Ce titre peut être accordé aux professeures et aux professeurs agrégés qui possèdent plusieurs années d'expérience en enseignement universitaire et qui ont réalisé et publié un certain nombre de travaux de recherche. Elles et ils doivent faire une demande et soumettre un dossier pour évaluation. La nomination est généralement accordée aux personnes s’étant distinguées dans le cadre de leur enseignement, de leurs recherches, de leur contribution au développement de leur discipline et à son rayonnement.
Si vous envisagez une carrière en recherche, différentes possibilités s’offrent à vous. En effet, si l’on pense tout de suite aux établissements universitaires, on trouve aussi des chercheuses ou chercheurs dans des centres d’intervention ou au gouvernement, dans des centres de recherche publics, parapublics et privés (dont les centre d’innovation des cégeps et des collèges du Québec), dans des sociétés de consultantes et de consultants, dans des organismes internationaux, etc. Il n’est pas rare, non plus, qu’une chercheuse ou un chercheur démarre une entreprise.
Sachez qu’il est possible de s’initier à la recherche avant des études de troisième cycle. Certains programmes de premier cycle offrent des cours permettant d’acquérir ce type d’expérience. Ces cours peuvent s’intituler Stage, Stage de recherche, Initiation à la recherche, Projet de recherche, Formation pratique, etc. De même, plusieurs étudiantes et étudiants de 1er, 2e ou 3e cycle occupent des emplois d’auxiliaire de recherche. À ce titre, elles et ils doivent assister une équipe de recherche, une professeure ou un professeur, ou encore une autre personne qui reçoit des subventions ou des contrats de recherche dans ses différentes tâches relatives à la recherche. Les auxiliaires travaillent généralement à temps partiel pendant leurs études.
Le diplôme exigé, du baccalauréat avec expérience au post-doctorat, varie selon le type d’emploi et le milieu.
Ces fonctions demeurent plus rares et requièrent généralement une expérience professionnelle clinique préalable.
Les résultats du tableau ci-dessous proviennent de l'enquête La Relance à l'université conduite tous les deux ans par le ministère de l'Enseignement supérieur du Québec. Réalisée en 2023, elle vise à faire connaître la situation des personnes titulaires d'un baccalauréat ou d'une maîtrise de la promotion 2021, environ 20 mois après l'obtention de leur diplôme. Étant donné que les résultats ci-dessous concernent l'ensemble des personnes diplômées du Québec, le nom du programme peut varier de celui de l'Université Laval.
| Programme | Diplôme | Personnes diplômées visées par l'enquête | Taux de réponse | À la recherche d'un emploi | Aux études | Personnes Inactives | En emploi | En emploi lié à la formation |
Caractéristiques de l'emploi lié à la formation |
||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| À temps plein | Satisfaction de l'emploi | Salaire horaire moyen | |||||||||
| N | % | % | % | % | % | % | % | % | $ | ||
|
Orthophonie et audiologie |
Baccalauréat |
3 |
66,7 |
0 |
0 |
50 |
50 |
100 |
100 |
0 |
|
|
Maitrise |
190 |
64,2 |
0 |
6,6 |
0,8 |
92,6 |
99,1 |
87,5 |
63,8 |
34,83 |
|
Selon les données issues de Statistique Canada mises à jour en novembre 2025, le salaire horaire médian des audiologistes au Québec est de 41 $/h (Guichet-Emploi, dernière mise à jour juillet 2025) tous milieux confondus.
Il est possible de consulter l’échelle salariale en vigueur du Comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux.
Travailler en audiologie permet d’évoluer dans un domaine enrichissant et en constante transformation et permet de combiner la science et la créativité. Les audiologistes contribuent directement au mieux être des personnes en leur offrant des services adaptés qui améliorent leur audition, leur communication, leur autonomie et leur intégration sociale. Leur rôle a un impact concret sur la participation collective, scolaire et professionnelle des individus.
La demande pour les services en audiologie est en croissance, notamment en raison du dépistage plus précoce de la surdité chez les enfants, de l’augmentation des cas de surdité professionnelle, du vieillissement de la population et de l’amélioration des taux de survie attribuable aux progrès médicaux. Les perspectives d’emploi pour cette profession y sont somme toute favorables.
Selon le gouvernement du Canada, les perspectives d’emploi jusqu’en 2028 en audiologie sont modérées pour le Québec. Le secteur public et mixte (public et privée) de la santé représente un peu plus de 65 % des emplois de cette profession au Québec. (OOAQ, mars 2025)
Par ailleurs, l'évolution du domaine est également influencée par les avancées technologiques. Selon un article publié dans The Hearing Review l’intelligence artificielle transforme la pratique audiologique en automatisant certaines tâches techniques tout en renforçant son rôle clinique. Les avancées en IA permettent déjà d’accélérer l’audiométrie et l’analyse des résultats grâce à des outils automatisés. L’essor de la téléaudiologie permet quant à lui d’effectuer des dépistages, ajustements et suivis à distance, étendant l’accès aux soins dans les régions éloignées ou pour les personnes à mobilité réduite. Malgré ces innovations, la relation thérapeutique, l’expertise clinique et le jugement humain restent essentiels pour offrir un accompagnement personnalisé et un soin réellement complet. (Adopting AI in Audiology: Are HCPs Ready?, 2025)
Sources et ressources utilisées :
OOAQ
Guichet-Emploi (gouvernement du Canada)
Gouvernement du Québec
La relance à l’Université 2023
Comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux
Faculté de médecine, Université Laval
Service du développement professionnel, Université Laval
Article : Adopting AI in Audiology: Are HCPs Ready?, Hearing Review, 2025
Mise à jour : mardi 03 mars 2026