Portrait du marché en médecine dentaire

Aperçu du marché

Au Québec, seules trois universités, dont l’Université Laval, offrent le programme pour devenir dentiste, soit le doctorat de premier cycle en médecine dentaire. Un doctorat de premier cycle est un programme professionnel long et intensif qui prépare à l’exercice d’une profession encadrée par un ordre et qui permet d'obtenir le titre de « docteur » (D.M.D.), même s’il ne s’agit pas d’un doctorat de recherche (Ph. D.). Une fois ce programme terminé, les diplômées et diplômés doivent réussir l’examen de l’Ordre des dentistes du Québec (ODQ) et s’y inscrire obligatoirement pour obtenir un permis d’exercice.

Sans l’obtention de ce permis, les dentistes peuvent s’orienter vers un travail plus administratif et stratégique dans le domaine de la réglementation, des politiques de santé dentaire et de l’inspection professionnelle. Ainsi, les dentistes occupent alors des rôles non cliniques en tant qu’expert(e)-conseil, analyste, gestionnaire ou décideuse ou décideur. Dans ces postes, elles et ils contribuent au développement et à l’encadrement des pratiques en santé publique et en réglementation professionnelle, notamment au sein d’organismes gouvernementaux ou réglementaires.

Après le doctorat de 1er cycle en médecine dentaire, il est possible de se spécialiser dans de nombreux domaines en poursuivant des études aux cycles supérieurs : chirurgie buccale et maxillo-faciale, endodontie, gérodontologie, parodontie, etc. Une formation en gestion d'une clinique dentaire est aussi offerte pour celles et ceux qui souhaiteraient devenir gestionnaire de clinique.

Les possibilités qui s’offrent aux diplômées et diplômés sont multiples. En effet, même si la pratique privée en clinique ou en cabinet dentaire demeure l’avenue la plus répandue, il existe plusieurs autres débouchés pour les dentistes qui souhaitent s’orienter autrement. 

Secteurs du marché

Dentisterie

Au Québec, la pratique privée en clinique ou en cabinet dentaire demeure la forme d’exercice la plus répandue chez les dentistes. En effet, plus de 83 % choisissent ce type de pratique (Gouvernement du Canada – Guichet Emploi). Les dentistes en cabinet privé doivent composer avec des horaires souvent variables, incluant des quarts de travail en soirée ainsi que la possibilité de gérer des urgences les fins de semaine. Cette réalité professionnelle demande une grande disponibilité, mais elle permet aussi aux praticiennes et praticiens d’offrir un service de proximité adapté aux besoins des patients.

Outre la pratique privée ou en cabinet dentaire, il est aussi possible de pratiquer la médecine dentaire dans d’autres milieux. Les centres de santé publique, CLSC et hôpitaux offrent généralement des horaires plus stables. Celui ou celle qui choisira ce type de milieu pourrait avoir davantage de tâches relatives à la promotion de la santé buccale et pourrait être amené à côtoyer des clientèles plus vulnérables issues de quartiers défavorisés, des personnes âgées dans des CHSLD ou des patientèles immunosupprimées et atteintes de maladies graves en centre hospitalier.

Les dentistes peuvent aussi choisir de pratiquer dans les Forces armées canadiennes à titre de dentiste militaire. La particularité de ce type de dentisterie réside majoritairement dans l’environnement de travail constitué de bases militaires, navires, cliniques mobiles et de zones de conflit. La clientèle se compose principalement des militaires, parfois leurs familles, ou des civils en mission humanitaire. À noter que celle ou celui qui souhaite exercer dans ce secteur d’emploi doit être officier et avoir une formation militaire minimale.

Exemples de postes

  • Dentiste salariée ou salarié
  • Dentiste propriétaire
  • D’autres titres postes sont possibles avec une spécialisation (orthodontiste, chirurgienne ou chirurgien-dentiste, parodontiste, etc.)

Exemples de tâches

  • Effectuer les examens, les tests, les analyses et les radiographies nécessaires
  • Traiter et prévenir les maladies des dents et de la bouche
  • Effectuer des interventions chirurgicales et tous les actes liés à la profession
  • S'occuper médicalement des dents, des gencives et des maxillaires
  • Administrer des anesthésiques et rédiger des ordonnances d'antibiotiques ou d'autres médicaments
  • Veiller à l'esthétique du sourire
  • Faire le suivi de l'état de santé des patients pour pouvoir observer les améliorations et s'assurer de leur rétablissement
  • Sensibiliser et éduquer la clientèle sur les bienfaits d'une santé buccale saine
  • Être à l'écoute de sa clientèle et proposer divers plans de traitement en fonction de la condition buccale du patient
  • Superviser les hygiénistes dentaires, les assistants dentaires et les autres employés

Principales exigences

  • Grande dextérité manuelle
  • Minutie et souci du détail
  • Aimer travailler avec le public
  • Responsabilité
  • Capacité d'analyse
  • Flexibilité
  • Bonne communication et vulgarisation de l'information
  • Résistance au stress
  • Empathie
  • Autonomie
  • Capacité de concentration accrue

Principaux employeurs

  • Cliniques dentaires
  • Cabinets dentaires
  • Centres de santé publique
  • CLSC
  • Hôpitaux
  • CHSLD
  • Forces armées canadiennes
Enseignement universitaire

Un doctorat dans la discipline est généralement exigé pour les postes de professeures et professeurs d’université. Une expertise dans le domaine (recherche, publications, travail, etc.) et de l’expérience en enseignement sont généralement demandées également. 

Auxiliaires d'enseignement

Il est possible de s’initier à l’enseignement universitaire avant des études au troisième cycle. En effet, plusieurs personnes qui étudient au 1er, 2e ou 3e cycle occupent des emplois d’auxiliaire d’enseignement. À ce titre, elles doivent assister le personnel enseignant dans les diverses tâches requises pour la préparation et la présentation des cours ou des laboratoires, ainsi que pour l’évaluation des apprentissages. L’auxiliaire d’enseignement peut également se voir confier une tâche d’enseignement, sous la responsabilité d’une ou d'un membre du corps professoral. 

Au 3e cycle, des cours sont offerts aux étudiantes et étudiants désireux de faire carrière en pédagogie universitaire.

Chargées et chargés de cours

Les chargées et chargés de cours sont responsables de transmettre la matière aux étudiantes et étudiants en offrant des cours dans différents domaines. Elles et ils sont souvent aux études supérieures ou à l'emploi comme professionnelles et professionnels dans leur secteur d'activité et la charge de cours d'ajoute à leurs activités. Les contrats se font généralement par trimestre sans garantie de renouvellement. Les universités peuvent toutefois établir des listes de rappel en fonction de l'ancienneté.

En plus d'enseigner leur matière, les chargées et chargés de cours effectuent habituellement les tâches suivantes : diriger les travaux pratiques, alimenter des discussions, préparer et corriger les travaux et les examens, répondre aux questions des étudiantes et étudiants, suivre les plans de cours, préparer le matériel nécessaire et évaluer les progrès des étudiantes et étudiants.

Professeures et professeurs 

La première étape d'une carrière universitaire en vue d'une permanence est celle de professeure adjointe ou professeur adjoint. Ce titre est destiné aux titulaires d'un doctorat s'orientant vers une carrière universitaire. Le travail consiste à enseigner aux étudiantes et étudiants du 1er cycle et des cycles supérieurs dans sa discipline. La personne peut aussi être appelée à réaliser des travaux de recherche et à superviser les projets de recherche d'étudiantes et d'étudiants de baccalauréat, de maîtrise ou de doctorat. L'engagement initial se fait pour une période d'au plus 3 ans* dans le cadre d'un poste à temps complet. Après cette période, le conseil de la faculté peut prolonger le contrat pour une période d'au plus 3 ans*, soit recommander une promotion au titre d'agrégé ou ne pas renouveler. *Le nombre d’années peut varier d’une université à l’autre.

La seconde étape est celle de professeure agrégée et professeur agrégé. Ces personnes ont démontré des qualités d'enseignement et ont cumulé un certain nombre d'années d'expérience en enseignement universitaire. Elles ont aussi contribué au développement de leur discipline par des recherches, sinon elles peuvent posséder une expérience professionnelle appréciable dans leur domaine et obtenir une promotion pour l'obtention du titre de professeure agrégée ou professeur agrégé et ainsi obtenir leur permanence. La ou le professeur agrégé enseigne des cours de 1er, 2e ou 3e cycle dans son champ de compétence. De plus, la personne réalise des travaux de recherche liés à son expertise, dirige des projets de recherche auprès d'étudiantes et d'étudiants des 3 cycles, est membre d'une équipe de recherche et s'implique dans les divers comités de son département et de sa faculté.

L'étape subséquente représente le dernier et le plus haut niveau de la carrière universitaire, soit celui de professeure ou de professeur titulaire. Ce titre peut être accordé aux professeures et aux professeurs agrégés qui possèdent plusieurs années d'expérience en enseignement universitaire et qui ont réalisé et publié un certain nombre de travaux de recherche. Elles et ils doivent faire une demande et soumettre un dossier pour évaluation. La nomination est généralement accordée aux personnes s’étant distinguées dans le cadre de leur enseignement, de leurs recherches, de leur contribution au développement de leur discipline et à son rayonnement.

Exemples de postes

  • Chargée ou chargé de cours
  • Professeure ou professeur
  • Professeure adjointe ou professeur adjoint
  • Professeure agrégée ou professeur agrégé
  • Professeure ou professeur titulaire

Exemples de tâches

  • Préparer et livrer des cours en utilisant diverses méthodes (exposés, discussions, vidéos, démonstrations, ateliers, etc.)
  • Évaluer, au moyen de travaux et d’examens, les acquis et les progrès des étudiantes et des étudiants
  • Siéger sur divers comités
  • Participer à des activités relatives à la vie du département (réunions, élaboration de cours, gestion des budgets ou sélection du personnel, etc.)
  • Réaliser des travaux de recherche liés à son expertise
  • Superviser les travaux pratiques ou les projets de recherche des étudiantes et étudiants
  • Organiser des séminaires, des ateliers et des travaux dirigés

Principales exigences

  • Excellentes habiletés communicationnelles
  • Excellentes habiletés relationnelles
  • Leadership
  • Sens des responsabilités
  • Littératie numérique et compétences technologiques
  • Sens de l’organisation
  • Ouverture d’esprit
  • Bonne maîtrise de l’anglais
  • Capacité à vulgariser
  • Maîtrise du français parlé et écrit
  • Capacité à surveiller

Principaux employeurs

  • Universités

Statistiques

Les résultats du tableau ci-dessous proviennent de l'enquête La Relance à l'université conduite tous les deux ans par le ministère de l'Enseignement supérieur du Québec. Réalisée en 2023, elle vise à faire connaître la situation des personnes titulaires d'un baccalauréat ou d'une maîtrise de la promotion 2021, environ 20 mois après l'obtention de leur diplôme. Étant donné que les résultats ci-dessous concernent l'ensemble des personnes diplômées du Québec, le nom du programme peut varier de celui de l'Université Laval.

Programme Diplôme Personnes diplômées visées par l'enquête Taux de réponse À la recherche d'un emploi Aux études Personnes Inactives En emploi En emploi lié à la formation

Caractéristiques de l'emploi lié à la formation

À temps plein Satisfaction de l'emploi Salaire horaire moyen
N % % % % % % % % $

Médecine dentaire

Baccalauréat

169

49,7

0

9,5

2,4

88,1

100

86,5

71,4

86,21

Maitrise

14

64,3

33,3

11,1

0

55,6

80

75

66,7

Statistiques salariales

Constat de votre conseillère ou conseiller en emploi

Le marché de l’emploi en médecine dentaire au Québec offre actuellement des perspectives très favorables, particulièrement pour les finissantes et finissants. Selon Guichet Emplois du gouvernement du Canada (mise à jour du 11 décembre 2024), les perspectives pour les dentistes entre 2024 et 2026 sont jugées très bonnes.

Cependant, la réalité terrain comporte certaines nuances. Il est fréquent que les jeunes dentistes se voient dans l’obligation d’accepter plusieurs petits contrats dans différents cabinets afin de cumuler un horaire à temps plein. Cette période transitoire, qui peut s’étendre sur quelques années, représente néanmoins une opportunité enrichissante pour eux : elle permet d’acquérir de l’expérience dans des contextes variés et de s’exposer à une diversité de cas cliniques. Avec le temps, il devient possible de stabiliser son horaire et d’obtenir un poste à titre de dentiste principal(e) au sein d’un même établissement.

L’un des enjeux majeurs du marché est la répartition inégale des professionnelles et professionnels à travers la province. On observe une forte concentration de dentistes autour des grands centres universitaires (Montréal et Québec), alors que plusieurs régions éloignées et rurales font face à une pénurie marquée. En effet, en région, la pénurie est qualifiée d’extrême : de nombreux dentistes partent à la retraite sans relève, forçant plusieurs familles à parcourir de longues distances pour accéder à des soins dentaires. Pour les jeunes dentistes qui choisissent d’exercer en région, les avantages sont nombreux. L’obtention d’un poste à temps plein y est souvent plus rapide, et l’exposition à des cas plus complexes est fréquente, en raison d’un accès plus limité aux spécialistes et aux services de référencement.

Les défis de main-d’œuvre ne se limitent pas aux dentistes. Le recensement de Statistique Canada (2023–2024) et les analyses de emploisendentisterie.com révèlent que les cabinets dentaires éprouvent également des difficultés à recruter des hygiénistes, ainsi que du personnel technique et administratif. Ce phénomène est amplifié par le vieillissement de la population, qui augmente la demande en soins sans que l’offre suive.

Par ailleurs, le milieu de la dentisterie évolue avec la montée en force des regroupements de cliniques, aussi appelés « réseaux » ou « bannières ». Ces organisations embauchent des dentistes et des cliniques pour travailler sous leur enseigne. Pour certains, cette option offre une stabilité qui est très appréciée. Pour d'autres, elle peut impliquer moins d’autonomie professionnelle, car les dentistes doivent alors se conformer aux standards et protocoles de la bannière plutôt qu’à ceux d’une clinique indépendante. 

Comme mentionné plus haut, la majorité des dentistes finissent par exercer cabinet privé, ce qui leur permet de déterminer leurs conditions de travail. En raison de la nature des besoins de leur clientèle, plusieurs choisissent d’offrir des horaires élargis, incluant des soirs et des fins de semaine. Un choix important attend également les jeunes professionnelles et professionnels : celui de devenir propriétaire d’un cabinet ou de travailler à titre d’employé(e) ou collaboratrice ou collaborateur dans une clinique existante. Cette décision influencera leur niveau d’autonomie, leur charge administrative, ainsi que leur trajectoire de carrière à long terme. Plusieurs activités et séances d’information offertes pendant le programme d’études traitent de ce sujet.

Finalement, il est important de nommer que, selon mes observations des six dernières années, la majorité du recrutement dans le domaine dentaire se fait par le bouche à oreille, les contacts personnels ou par l’intermédiaire de représentants dentaires. Néanmoins, on observe une augmentation d’offres d’emploi en médecine dentaire dans le site Web du SDP. Il y a également un engouement des professionnels du monde dentaire pour participer à la Journée carrière en médecine dentaire organisée chaque année depuis 2021 pendant la semaine préparatoire à la fin du mois d’août. 

Sources :

Portrait rédigé par Camille Roy, conseillère en emploi et en développement professionnel

Mise à jour : lundi 25 août 2025