La formation en études anciennes permet de développer une bonne culture générale ainsi que des compétences transférables reconnues, telles que la rigueur intellectuelle, l’analyse critique, la capacité de synthèse, la méthodologie de recherche et les aptitudes rédactionnelles. Ces compétences trouvent des débouchés dans plusieurs secteurs, notamment l’enseignement, la recherche, les milieux culturels, les communications, l’édition, ainsi que certains emplois dans la fonction publique.
Dans le contexte du marché du travail, les débouchés directement liés au champ disciplinaire pour des études anciennes demeurent toutefois restreints et concurrentiels. Les carrières en enseignement (collégial et universitaire) et en recherche nécessitent la poursuite d’études supérieures et sont conditionnées par un nombre limité de postes disponibles.
Ainsi, l’insertion professionnelle des titulaires d'un diplôme repose souvent sur la transférabilité de leurs compétences vers des domaines connexes. Les milieux des communications, de la rédaction, de la médiation culturelle, de la gestion de contenu ou du patrimoine constituent des avenues où ces compétences peuvent être mobilisées. Le marché se caractérise donc par une diversification des trajectoires professionnelles plutôt que par des débouchés directs liés à la discipline initiale.
Par ailleurs, l’évolution du marché du travail, marquée par une valorisation accrue des compétences transversales (telles que la pensée critique, la communication écrite et l’analyse), confère une certaine pertinence au profil des personnes diplômées en études anciennes, bien qu'elles soient souvent amenées à combiner leur formation avec d’autres formations, compétences ou expériences afin de s’insérer dans des domaines connexes et diversifiés (ex. : les études anciennes + la muséologie / patrimoine = médiatrice culturelle ou médiateur culturel, guide, agente ou agent de projets).
Le Québec compte un grand nombre d'organismes culturels, historiques et touristiques, ainsi que plusieurs festivals de toutes sortes offrant de multiples possibilités à toute personne sensible à la mise en valeur de la culture et du patrimoine.
Les premiers emplois dans ce secteur sont souvent saisonniers ou contractuels, en fonction des projets, des subventions ou de l'achalandage. Les heures de travail peuvent être atypiques : en soirée, les fins de semaine et les jours fériés. Les salaires varient considérablement en fonction des employeurs, de l'expérience et des responsabilités. Ils sont parfois modestes, surtout pour les postes d'entrée. Ceux-ci permettent toutefois d'intégrer des organisations intéressantes et dynamiques, d'acquérir de l'expérience et d'élargir son réseau de contacts. Pendant les études, on peut penser à des postes à la billetterie, à l'accueil, au service à la clientèle, de guide-interprète, etc. Dans la plupart des cas, le bilinguisme ou une excellente maîtrise de l'anglais est exigé.
Le domaine des communications représente une avenue dynamique et porteuse pour les titulaires d'un diplôme en lettres, en histoire ou dans des disciplines connexes. Grâce à leur maîtrise du langage, leurs compétences rédactionnelles et leur capacité d’analyse critique, ces diplômées et diplômés sont bien préparés pour contribuer à la création, la gestion et la diffusion de contenus dans une variété de contextes professionnels.
Cependant, le marché québécois se caractérise aujourd’hui par un niveau de concurrence plus marqué qu’au cours des années postpandémiques. Le ralentissement de la création d’emplois et l’augmentation du nombre de personnes actives sur le marché du travail contribue à intensifier la compétition, en particulier pour les postes d’entrée. Dans ce contexte, les perspectives d’emploi pour le secteur des communications sont jugées limitées à court terme (2025 2027). (Source : Guichet-Emplois)
Cela dit, le secteur demeure dynamique et en transformation. L’évolution rapide des pratiques numériques continue de générer de nouvelles opportunités, notamment dans les domaines du marketing numérique, de la stratégie de contenu, du référencement (SEO) et de la gestion des médias sociaux, qui figurent parmi les compétences les plus recherchées. Les employeurs valorisent désormais des profils polyvalents capables de produire du contenu multiplateforme, d’analyser les performances et d’adapter les messages à divers publics.
L’intelligence artificielle (IA) transforme déjà les métiers de la communication, en particulier dans la rédaction, la révision et la gestion de contenu. Des outils comme ChatGPT, Grammarly ou Copilot permettent de générer rapidement des brouillons de textes, de reformuler du contenu ou d’optimiser des messages pour le Web. Dans ce contexte, les titulaires d'un diplôme sont appelés à devenir de véritables superviseuses et superviseurs de contenu, capables de corriger, d'enrichir et d'évaluer la pertinence des textes générés par l’IA. Il est donc essentiel de se familiariser avec ces outils et de comprendre leurs limites, tant sur le plan technique qu’éthique.
Pour se démarquer dans ce domaine, il est recommandé de développer un portfolio de réalisations (articles, projets, contenus numériques), de réaliser un stage ou du bénévolat dans une organisation, de participer à des événements professionnels (conférences, salons, webinaires) et de travailler activement son réseau, notamment via LinkedIn. Des formations complémentaires en communication, en révision professionnelle ou en marketing numérique peuvent également constituer un atout intéressant.
Le secteur de l’édition est un débouché naturel pour les titulaires d’un diplôme en lettres, mais c’est aussi un milieu restreint, exigeant et en constante mutation. Travailler en édition, ce n’est pas seulement publier des livres : c’est participer à toutes les étapes de la chaîne du livre ou du contenu éditorial, de la sélection des manuscrits à la mise en marché, en passant par la révision, la coordination, la production et la promotion.
Au Québec, le marché est concentré autour de maisons d’édition indépendantes, universitaires, jeunesse ou spécialisées. Le secteur est stimulé par les politiques publiques de soutien au livre et par les réseaux de librairies indépendantes. Toutefois, les ressources sont limitées et les postes permanents rares. Beaucoup d’emplois sont contractuels, à temps partiel ou évoluent dans un modèle pigiste.
Pour s’intégrer efficacement, il est recommandé de :
En somme, le secteur de l’édition offre aux titulaires d’un diplôme en lettres un environnement de travail stimulant, mais qui demande engagement, curiosité et polyvalence. Il récompense celles et ceux qui allient passion du texte, sens du détail et agilité dans les nouveaux modes de diffusion du savoir et de la culture.
Les études anciennes offrent une solide formation en analyse historique, compréhension des civilisations passées, des langues anciennes, de l’archéologie et du patrimoine matériel et immatériel. Ces compétences sont directement transférables vers la conservation, qui vise à préserver, restaurer et valoriser les biens culturels (manuscrits, artefacts, œuvres d’art, sites archéologiques, etc.).
Bien que les études anciennes donnent une base historique et analytique, le domaine de la conservation-restauration est très technique. Pour accéder à des postes spécialisés, il est fortement recommandé de compléter une formation en muséologie ou un 2e cycle.
Au Québec, le système d'enseignement postsecondaire est constitué de deux types d'établissements : les collèges d'enseignement général et professionnel (cégeps) et les universités. Peu importe votre discipline, découvrez les possibilités qui s'offrent à vous si vous souhaitez enseigner celle-ci.
Pour enseigner au cégep, il faut posséder un diplôme d’études collégiales ou universitaires, ou encore détenir des compétences marquées dans son domaine d’expertise. Certains employeurs exigent une maîtrise ou une certification. À l’Université Laval, vous pouvez opter pour le D.E.S.S. en enseignement collégial ou la maîtrise en enseignement collégial. Bien que non obligatoire pour enseigner au cégep, la réussite de ces programmes constitue un atout indéniable pour obtenir un emploi d’enseignant. Les personnes qui enseignent des métiers comportant des cours de niveau collégial doivent réussir une formation et avoir un certificat de qualification. Consultez les différentes voies d'accès pour enseigner à la formation professionnelle.
Un doctorat dans la discipline est généralement exigé pour les postes de professeures et professeurs d’université. Une expertise dans le domaine (recherche, publications, travail, etc.) et de l’expérience en enseignement sont généralement demandées également. Il est toutefois possible de s’initier à l’enseignement universitaire avant les études au troisième cycle. Plusieurs personnes étudiantes de 1er, de 2e ou de 3e cycle occupent des emplois d’auxiliaire d’enseignement. À ce titre, elles doivent assister le personnel enseignant dans les diverses tâches requises pour la préparation et la présentation des cours, ainsi que pour l’évaluation des apprentissages. L’auxiliaire d’enseignement peut également se voir confier une tâche d’enseignement, sous la responsabilité d’une ou d'un membre du corps professoral.
Si vous envisagez une carrière en recherche, différentes possibilités s’offrent à vous. En effet, si l’on pense tout de suite aux établissements universitaires, on trouve aussi des chercheuses ou chercheurs dans des centres d’intervention ou au gouvernement, dans des centres de recherche publics, parapublics et privés (dont les centre d’innovation des cégeps et des collèges du Québec), dans des sociétés de consultantes et de consultants, dans des organismes internationaux, etc. Il n’est pas rare, non plus, qu’une chercheuse ou un chercheur démarre une entreprise.
Sachez qu’il est possible de s’initier à la recherche avant des études de troisième cycle. Certains programmes de premier cycle offrent des cours permettant d’acquérir ce type d’expérience. Ces cours peuvent s’intituler Stage, Stage de recherche, Initiation à la recherche, Projet de recherche, Formation pratique, etc. De même, plusieurs étudiantes et étudiants de 1er, 2e ou 3e cycle occupent des emplois d’auxiliaire de recherche. À ce titre, elles et ils doivent assister une équipe de recherche, une professeure ou un professeur, ou encore une autre personne qui reçoit des subventions ou des contrats de recherche dans ses différentes tâches relatives à la recherche. Les auxiliaires travaillent généralement à temps partiel pendant leurs études.
Le diplôme exigé, du baccalauréat avec expérience au post-doctorat, varie selon le type d’emploi et le milieu.
Les résultats du tableau ci-dessous proviennent de l'enquête La Relance à l'université conduite tous les deux ans par le ministère de l'Enseignement supérieur du Québec. Réalisée en 2023, elle vise à faire connaître la situation des personnes titulaires d'un baccalauréat ou d'une maîtrise de la promotion 2021, environ 20 mois après l'obtention de leur diplôme. Étant donné que les résultats ci-dessous concernent l'ensemble des personnes diplômées du Québec, le nom du programme peut varier de celui de l'Université Laval.
| Programme | Diplôme | Personnes diplômées visées par l'enquête | Taux de réponse | À la recherche d'un emploi | Aux études | Personnes Inactives | En emploi | En emploi lié à la formation |
Caractéristiques de l'emploi lié à la formation |
||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| À temps plein | Satisfaction de l'emploi | Salaire horaire moyen | |||||||||
| N | % | % | % | % | % | % | % | % | $ | ||
|
Humanités gréco-latines et archéologie classique |
Baccalauréat |
57 |
59,6 |
2,9 |
52,9 |
0 |
44,1 |
6,7 |
100 |
100 |
|
|
Maitrise |
6 |
83,3 |
0 |
20 |
0 |
80 |
75 |
66,7 |
100 |
36,68 |
|
Autres statistiques
Gouvernement du Québec
Autres professionnels / professionnelles des sciences sociales
Enseignants / enseignantes au collégial et en formation professionnelle
Le SDP, quant à lui, observe une légère baisse des offres d’emploi dans le domaine des études anciennes entre le 1er mai 2025 et le 30 avril 2026, comparativement à l’année précédente.
La valorisation des compétences transférables est essentielle à l’insertion professionnelle des personnes diplômées en études anciennes. Comme la discipline demeure relativement méconnue du grand public et des employeurs, il est important de nommer clairement ses acquis (analyse, rédaction, synthèse, rigueur, méthodologie de recherche, culture générale, etc.) et de le démontrer clairement les avantages dans les différents milieux.
Il est souvent avantageux d’envisager une formation complémentaire ou une spécialisation (par exemple en enseignement, en communications, en muséologie ou en gestion de projet culturel) afin d’élargir ses perspectives et de mieux arrimer son profil aux besoins du marché.
L’acquisition d’expériences concrètes constitue également un levier important. La participation à des emplois, des contrats, du bénévolat, des projets de recherche ou des initiatives culturelles permet non seulement de développer des compétences pratiques, mais aussi de se constituer un premier réseau et de mieux cerner ses intérêts professionnels.
Par ailleurs, il est fortement recommandé de s’impliquer dans la vie académique du domaine pendant les études. La participation à des conférences, colloques, séminaires ou activités départementales (comme les midis des études anciennes) permet de tisser des liens, de se faire connaître et de mieux comprendre les possibilités de carrière. L’adhésion à des associations professionnelles (comme la Société canadienne des études classiques, la Fédération internationale des associations d’études classiques, la Fondation Humanitas ou la Société des études anciennes du Québec) peut aussi favoriser le réseautage et l’accès à des opportunités.
De plus, il peut être pertinent de s’appuyer sur les ressources offertes par le milieu universitaire, notamment les groupes de recherche (Institut d’études anciennes et médiévales), les activités de diffusion scientifique ou les balados (Étudier en études anciennes, on fait quoi avec ça?) et les témoignages de personnes diplômées, qui permettent de mieux cerner les trajectoires possibles et d’explorer des exemples de parcours inspirants.
Enfin, une posture proactive, incluant le développement d’un réseau professionnel, une veille des occasions dans différents secteurs et une ouverture à des parcours diversifiés constitue un atout majeur dans un marché où les cheminements sont souvent non linéaires. La curiosité intellectuelle et la capacité d’adaptation, déjà développées dans la formation, deviennent ici des leviers importants pour construire VOTRE trajectoire professionnelle enrichissante.
Mise à jour : mardi 14 juillet 2026