Le cinéma québécois continue de bénéficier d’un bon rayonnement à l’échelle nationale et internationale, soutenu par la qualité de ses productions et son identité culturelle. Toutefois, l’industrie audiovisuelle traverse actuellement une phase de transition importante. Après une période de forte croissance pendant et après la pandémie, le secteur a connu un ralentissement depuis 2023 2024, avec une baisse du volume de production (11 %) et une diminution des emplois liés notamment à la contraction des investissements et aux grèves américaines ayant affecté les tournages. (Source : Institut de la statistique du Québec)
Malgré ce contexte plus incertain, l’industrie québécoise demeure un pilier pour l’économie culturelle. Elle continue d’évoluer rapidement sous l’effet des transformations technologiques, des nouveaux modes de diffusion et de la concurrence internationale accrue, ce qui oblige les organisations à repenser leurs modèles de production et de financement. (Source : Profil de l’industrie audiovisuelle au Québec, édition 2025)
Dans la région de Québec, le secteur conserve un potentiel intéressant, notamment en raison de son attractivité comme lieu de tournage et du développement d’initiatives régionales. Toutefois, comme ailleurs au Québec, les opportunités peuvent fluctuer selon les cycles de production et les investissements publics et privés.
Le secteur de l’animation et des effets visuels (VFX), longtemps en forte croissance, est lui aussi confronté à des ajustements importants. Bien qu’il demeure un pôle d’expertise reconnu à l’international et générant des dizaines de milliers d’emplois liés à la production visuelle, il a récemment subi des pertes d’emplois significatives en raison des changements fiscaux, du ralentissement des productions internationales et de la volatilité du marché, ce qui rend donc le marché un peu plus compétitif. (Source : Playback)
Parallèlement, la montée des plateformes numériques et du contenu en ligne continue de transformer profondément le secteur. Même si les investissements des grandes plateformes ont ralenti après une période d’expansion rapide, la production destinée au Web et aux plateformes de diffusion en continu demeure en croissance dans certains segments, en particulier pour les formats courts. Ceci favorise donc l’émergence de nouveaux rôles, notamment en création numérique, en production multiplateforme et en stratégie de contenu. (Source : Institut de la statistique du Québec)
Les domaines liés à la culture numérique (muséologie numérique, création interactive, baladodiffusion, médias immersifs) offrent également des perspectives intéressantes, surtout pour les titulaires d'un diplôme capables de combiner compétences artistiques, techniques et numériques.
Enfin, l’intelligence artificielle s’impose désormais comme un facteur de transformation majeur. Elle modifie les processus de création (écriture, montage, effets visuels, conception sonore) et crée à la fois des opportunités et des préoccupations. La majorité des professionnelles et professionnels du secteur anticipent une évolution importante de leurs métiers, avec un besoin accru de nouvelles compétences numériques et éthiques. (Source : SPACQ-AE)
Si ce secteur vous intéresse, vous pourriez, pendant vos études, répondre aux appels de textes de la revue en ligne Le Crachoir de Flaubert, consacrée à la création et à la réflexion sur la création en milieu universitaire. Les textes de création peuvent relever des littératures narratives (nouvelle, conte, récit) comme de la poésie, de l’essai, du théâtre, de la chanson, etc. Les créations qui ne sont pas des textes (image, vidéos, sons, etc.) sont aussi acceptées.
Saisissez chaque occasion pour développer votre réseau et acquérir de l'expérience dans le domaine de l'écriture. Cela peut inclure des participations à des activités (balado littéraire, salon du livre, lectures publiques) ou des collaborations avec des professionnelles et professionnels. Interagir avec ces personnes vous permettra d'apprendre de leur expérience, d'obtenir des conseils et de faire connaître votre travail. Créez un portfolio pour leur faire connaître vos réalisations.
La recherche de subventions et de bourses peut vous aider à financer vos projets, à participer à des résidences de création, à des concours littéraires ou à des programmes de mentorat. Les organismes tels que Première Ovation offrent des ressources et des programmes de soutien spécialement pour les artistes émergent(e)s dans la région de Québec.
Si vous aimez l'industrie artistique et du spectacle, mais que vos compétences sont principalement en gestion, ce secteur est susceptible de vous intéresser.
Enseignement collégial
Les exigences pour enseigner votre discipline au collégial peuvent varier d’un établissement à l’autre. Contrairement à l’enseignement aux niveaux primaire et secondaire, le brevet d’enseignement n’est pas requis.
En général, un baccalauréat dans la discipline à enseigner représente l’exigence de base. Une maîtrise ou un doctorat peuvent toutefois être exigés par certains collèges. Plusieurs considéreront aussi une formation et/ou une expérience en enseignement comme des atouts indéniables. Si vous souhaitez acquérir une formation pédagogique, l’Université Laval propose le D.E.S.S. en enseignement collégial ou la maîtrise en enseignement collégial.
Formation continue
La formation continue s’inscrit à la suite d’une formation initiale et vise à mettre à jour ou à accroître des connaissances théoriques et pratiques, à développer la culture, les capacités personnelles ou les compétences professionnelles. Elle s’adresse principalement aux personnes déjà engagées dans la vie professionnelle. Elle peut prendre différentes formes : formation, conférence, atelier, cours, etc. Plusieurs établissements d’enseignement, organismes ou entreprises proposent de la formation continue et les exigences varient d’un endroit à l’autre. À l’Université Laval, il faut minimalement détenir un baccalauréat dans la discipline enseignée et avoir de l’expérience dans cette même discipline.
Enseignement aux aînées et aux aînés
Les universités du troisième âge (UTA) ne font pas partie du réseau universitaire normal, mais sont souvent affiliées à une université, ce qui leur permet d’offrir de l’enseignement universitaire. Elles s’adressent à une clientèle âgée généralement d’au moins 50 ou 55 ans. Leur objectif est de favoriser l’engagement social et culturel, ainsi que l’épanouissement intellectuel, technique, manuel, artistique ou physique des personnes. Les UTA offrent des cours, ateliers, conférences ou activités dans un cadre qui favorise les discussions et qui est exempt d’examens, de travaux ou de diplômes.
Les critères d’embauche varient énormément d’une UTA à l’autre. À l’Université Laval, un diplôme de maîtrise dans la discipline enseignée est exigé, ainsi que cinq ans d’expérience en enseignement.
Animation et activités parascolaires
Les villes, centres de loisirs et camps spécialisés embauchent des animateurs pour offrir des ateliers de toute sorte (théâtre, dessin, informatique, etc.) autant aux jeunes qu’aux adultes.
Certains organismes peuvent demander une formation du programme DAFA, un standard national de formation en animation. Ce programme vise à assurer la sécurité et la qualité de l’animation de groupes de jeunes de 5 à 17 ans au Québec.
Les centres de services scolaires peuvent embaucher des personnes pour offrir des activités parascolaires. Le brevet d’enseignement n’est pas requis pour ce type d’emploi, généralement à temps partiel. Cela peut donc être une façon intéressante d’acquérir de l’expérience en enseignement pendant vos études.
Les métiers dans le secteur de la technique et de la postproduction constituent une voie d’entrée stratégique pour les personnes étudiantes et diplômées en cinéma, en leur permettant de développer rapidement des compétences concrètes et recherchées, tout en intégrant le marché du travail. Ces expériences pratiques favorisent la création d’un portfolio, l’acquisition d’une polyvalence technique et la construction d’un réseau professionnel. Les titulaires d'un diplôme du baccalauréat en cinéma et en culture numérique de l’Université Laval empruntent ainsi des parcours variés, souvent marqués par une progression graduelle et une spécialisation. À titre d’exemples, certains passent du rôle d’assistante monteuse ou d'assistant monteur à celui de monteuse ou monteur, avant d’évoluer vers la réalisation.
Ces trajectoires illustrent à la fois la diversité des débouchés et l’importance de l’expérience terrain, qui permet d’accéder à des occasions professionnelles variées et d’évoluer vers des fonctions plus créatives ou spécialisées.
Les résultats du tableau ci-dessous proviennent de l'enquête La Relance à l'université conduite tous les deux ans par le ministère de l'Enseignement supérieur du Québec. Réalisée en 2023, elle vise à faire connaître la situation des personnes titulaires d'un baccalauréat ou d'une maîtrise de la promotion 2021, environ 20 mois après l'obtention de leur diplôme. Étant donné que les résultats ci-dessous concernent l'ensemble des personnes diplômées du Québec, le nom du programme peut varier de celui de l'Université Laval.
| Programme | Diplôme | Personnes diplômées visées par l'enquête | Taux de réponse | À la recherche d'un emploi | Aux études | Personnes Inactives | En emploi | En emploi lié à la formation |
Caractéristiques de l'emploi lié à la formation |
||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| À temps plein | Satisfaction de l'emploi | Salaire horaire moyen | |||||||||
| N | % | % | % | % | % | % | % | % | $ | ||
|
Cinématographie |
Baccalauréat |
242 |
55 |
11,3 |
10,5 |
2,3 |
75,9 |
62,4 |
82,5 |
58,7 |
24,73 |
|
Maitrise |
29 |
82,8 |
16,7 |
25 |
4,2 |
54,2 |
61,5 |
87,5 |
42,9 |
24,55 |
|
Autres statistiques
Gouvernement du Québec
Assistants/assistantes et opérateurs/opératrices de production artistique
Personnel technique de production artistique
Producteurs/productrices, réalisateurs/réalisatrices et chorégraphes
Techniciens/techniciennes en enregistrement audio et vidéo
Directeurs/directrices – édition, cinéma, radiotélédiffusion et arts de la scène
Cadreurs/cadreuses de films et de vidéos
Le SDP, quant à lui, observe une légère baisse des offres d’emploi dans le domaine du cinéma entre le 1er mai 2025 et le 30 avril 2026, comparativement à l’année précédente.
Le marché de l'emploi en cinéma et culture numérique au Québec est compétitif et en constante évolution. Pour réussir dans ce secteur, il est essentiel de vous démarquer en constituant un portfolio. Pour ce faire, gagnez de l'expérience grâce à des stages, des projets indépendants, des concours ou proposez-vous comme bénévole sur des plateaux de tournage afin de développer vos compétences et votre réseau. Un profil polyvalent, combinant des compétences artistiques, techniques et numériques, augmentera significativement vos chances d’intégrer le marché du travail. Rassemblez des exemples variés de votre travail, en production cinématographique, en projets numériques, en critique, en scénarisation ou en contenu Web, car votre portfolio est votre principale vitrine professionnelle.
Saisissez toutes les occasions de réseauter, notamment lors de festivals (Festival international du court métrage au Saguenay, Festival de cinéma de la Ville de Québec, Festival du Film étudiant de Québec), d’événements (Première Vue), de conférences ou d’activités professionnelles. Impliquez-vous dans des communautés (Kinö Québec), suivez des groupes professionnels et développez activement votre présence en ligne (LinkedIn, Vimeo, site Web personnel). Dans ce milieu, plusieurs opportunités se créent par contacts : le bouche-à-oreille demeure un levier d’embauche majeur.
Prenez également conscience que l’entrée sur le marché passe souvent par des contrats, des piges ou du travail autonome. Il est donc important de développer des compétences en gestion de carrière : savoir se promouvoir, entretenir son réseau, démarcher des projets et diversifier ses sources de revenus. À ce sujet, plusieurs professionnelles et professionnels doivent combiner différents rôles (ex. : montage, tournage, création de contenu, enseignement, gestion de plateformes numériques, médias numériques, etc.), et ce, surtout en début de carrière.
Mettez régulièrement à jour vos compétences et explorez différents créneaux comme la postproduction, le cinéma d’animation, les effets visuels, la création de contenu numérique ou la gestion de projet. Les profils capables de naviguer entre création et technologie sont particulièrement recherchés. À cet effet, consultez les formations offertes par L’INIS, Culture Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches ou d’autres organismes spécialisés et impliquez-vous dans des projets collaboratifs pour continuer à apprendre.
Restez également à l’affût des transformations du secteur, notamment l’essor de l’intelligence artificielle et des nouveaux formats numériques, qui modifient les pratiques professionnelles et les compétences attendues. La capacité à s’adapter, à apprendre rapidement et à intégrer de nouveaux outils constitue aujourd’hui un atout majeur.
Enfin, gardez à l’esprit que certaines régions, notamment Montréal, concentrent une plus grande part des emplois liés à l’industrie. La mobilité géographique, mais aussi la flexibilité (horaires atypiques, contrats à durée variable), peuvent représenter des avantages importants pour accéder à davantage d’opportunités et faire sa place tranquillement sur le marché.
Mise à jour : mardi 14 juillet 2026