L’aménagement du territoire et le développement régional constituent un domaine multidisciplinaire qui vise à comprendre, à planifier et à accompagner l’évolution des territoires. Les personnes diplômées interviennent sur des enjeux qui touchent notamment l’organisation des milieux de vie, le développement des régions, l’environnement, la mobilité, l’habitation, le développement économique ainsi que la gouvernance et les politiques publiques.
Leur expertise repose sur la capacité à analyser les réalités d’un territoire et à mettre en relation différentes dimensions (sociales, économiques, environnementales, politiques et spatiales) afin d’éclairer la prise de décision. Elles peuvent notamment contribuer à la planification territoriale, à l’analyse environnementale, au développement durable, au traitement spatial de l’information, à la concertation des parties prenantes et à l’élaboration de stratégies ou de politiques territoriales.
Le domaine évolue dans un contexte marqué par plusieurs transformations qui exercent une influence directe sur les territoires : changements climatiques, pression sur l’habitation et les infrastructures, évolution des besoins de mobilité, transition écologique, vieillissement et mouvements de population, développement des régions et transformation des activités économiques. Ces réalités renforcent les besoins en matière de planification, d’adaptation, de résilience et de coordination entre les différentes actrices et différents acteurs du territoire.
L'utilisation des données territoriales et géospatiales prend également davantage de place dans l'analyse et l'aide à la décision. Pour les personnes professionnelles en aménagement, une capacité à utiliser et à interpréter l'information géographique, à réaliser certaines analyses à l'aide de systèmes d'information géographique (SIG) et à collaborer avec des spécialistes en géomatique peut constituer un atout. Le niveau d'expertise recherché varie toutefois selon les fonctions : la conception et le développement de solutions géomatiques plus avancées relèvent généralement de spécialistes du domaine.
Cette polyvalence permet aux personnes diplômées d’intervenir dans différents secteurs, principalement en urbanisme et planification du territoire, en transport et mobilité, en environnement, en développement économique et régional ainsi qu’en gouvernance territoriale et politiques publiques. Les possibilités professionnelles se retrouvent notamment dans les municipalités et les MRC, les ministères et organismes publics, les firmes-conseils, les organismes de développement et de concertation ainsi que les différents organismes communautaires ou environnementaux.
Avec l’expérience, certaines personnes évoluent vers des fonctions de coordination, de gestion de projets, de conseil stratégique ou de direction. D’autres développent une expertise plus spécialisée, par exemple en mobilité durable, en adaptation aux changements climatiques, en analyse territoriale, en développement régional ou en politiques publiques.
Ce secteur regroupe les fonctions liées à la planification, à l’organisation et au développement des milieux de vie et des territoires. Les personnes qui y travaillent interviennent notamment dans l’élaboration et la mise en œuvre de plans d’urbanisme, de schémas d’aménagement, de règlements et de politiques territoriales. Elles analysent les caractéristiques et les besoins des territoires afin de soutenir la prise de décision et d’accompagner leur évolution.
Les enjeux auxquels elles contribuent sont diversifiés : habitation, mobilité, infrastructures, environnement, développement économique, protection des milieux naturels, adaptation aux changements climatiques et qualité des milieux de vie. Leur travail exige ainsi de mettre en relation des dimensions sociales, économiques, environnementales, politiques et spatiales et de collaborer avec différentes parties prenantes.
À noter : pour certaines fonctions, notamment celles nécessitant de porter le titre d’urbaniste, l’adhésion à l’Ordre des urbanistes du Québec est requise. La maîtrise en aménagement du territoire et développement régional de l’Université Laval fait partie des formations donnant ouverture au permis de l’Ordre.
Le secteur de l’environnement regroupe des professionnelles et professionnels qui contribuent à intégrer les enjeux environnementaux à la planification et au développement des territoires. Leur travail vise notamment à préserver les milieux naturels, à favoriser une gestion durable des ressources et à accompagner les collectivités et les organisations dans leurs démarches de transition écologique et d’adaptation aux changements climatiques.
Les enjeux abordés sont diversifiés : protection et restauration des milieux naturels, conservation de la biodiversité, gestion de l’eau, réduction des émissions de gaz à effet de serre, adaptation aux aléas climatiques, verdissement et infrastructures vertes. Ces enjeux sont étroitement liés aux décisions d’aménagement et exigent de concilier différentes dimensions environnementales, sociales, économiques et territoriales.
La capacité à comprendre les particularités d’un territoire est particulièrement importante dans ce secteur. Les réalités et les solutions peuvent différer considérablement selon qu’il s’agit de milieux urbains, ruraux, côtiers, nordiques ou autochtones. Les professionnelles et professionnels sont ainsi appelés à travailler avec différentes parties prenantes et à intégrer les connaissances scientifiques, les données territoriales, les cadres réglementaires et les réalités des communautés dans l’élaboration des interventions.
Avec l’expérience, certaines personnes accèdent à des fonctions de coordination, de conseil stratégique ou de gestion, tandis que d’autres développent une expertise plus spécialisée, notamment en adaptation aux changements climatiques, en biodiversité, en gestion de l’eau, en conservation ou en transition écologique.
Le secteur du transport, dans une perspective d’aménagement du territoire, mobilise des professionnelles et professionnels qui contribuent à planifier, organiser et faire évoluer les réseaux et les systèmes de mobilité en fonction des caractéristiques et des besoins des territoires. Leur travail vise notamment à améliorer l’accessibilité aux services et aux lieux d’activité, à favoriser des déplacements sécuritaires et efficaces et à assurer une meilleure cohérence entre la planification des transports et l’aménagement du territoire.
Les enjeux abordés touchent notamment la mobilité durable, le transport collectif et actif, la sécurité des déplacements, l’accessibilité universelle, l’optimisation des infrastructures existantes ainsi que la réduction de la dépendance à l’automobile. Les réalités diffèrent toutefois selon les territoires : les solutions envisagées dans les grands centres urbains ne répondent pas nécessairement aux besoins des milieux périurbains, ruraux, nordiques ou moins densément peuplés. La capacité à analyser les besoins de mobilité dans leur contexte territorial constitue donc une dimension importante de la pratique.
Les données et les outils numériques occupent également une place croissante dans la planification des transports. Les données géospatiales, la modélisation et les systèmes de transport intelligents peuvent notamment soutenir l’analyse des déplacements, l’évaluation de l’accessibilité et la planification des réseaux. Leur utilisation s’inscrit toutefois dans une démarche plus large qui exige de comprendre les comportements, les besoins des populations, les orientations publiques et les caractéristiques propres aux territoires.
Avec l’expérience, les personnes qui évoluent dans ce secteur peuvent accéder à des fonctions de coordination de projets, de gestion de la mobilité ou de conseil stratégique. Certaines développent également une expertise plus spécialisée en mobilité durable, en transport collectif, en mobilité active, en modélisation, en sécurité routière ou en planification intégrée des déplacements.
Le secteur du développement économique et régional regroupe des professionnelles et professionnels qui contribuent à la vitalité et au développement des territoires. Leur travail consiste notamment à comprendre les dynamiques économiques et sociales d’un milieu, à mettre en valeur ses forces et ses ressources et à accompagner les collectivités, les organisations et les entreprises dans la réalisation de projets structurants.
Les interventions peuvent porter sur la diversification économique, l’attractivité et la vitalisation des territoires, le soutien aux entreprises et à l’entrepreneuriat, l’économie sociale ainsi que le développement de projets collectifs. Elles peuvent également viser à répondre à des enjeux tels que les transformations démographiques, la disponibilité de la main-d’œuvre, l’accès aux services, les transitions économiques ou les disparités entre les territoires.
La connaissance fine du milieu constitue une dimension importante de la pratique. Les stratégies de développement doivent tenir compte des caractéristiques propres aux territoires (urbains, ruraux, périphériques, nordiques ou autochtones) ainsi que des besoins des populations, des entreprises et des organisations qui y sont présentes. Les professionnelles et professionnels sont donc fréquemment appelés à mobiliser différentes parties prenantes, à développer des partenariats et à faire converger des intérêts autour d’objectifs communs.
Avec l’expérience, certaines personnes accèdent à des fonctions de coordination, de conseil stratégique ou de direction. D’autres développent une expertise plus spécialisée, notamment en développement local et régional, en économie sociale, en vitalisation des territoires, en accompagnement des entreprises ou en analyse socioéconomique.
Le secteur de la gouvernance territoriale et des politiques publiques regroupe des fonctions qui contribuent à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation de politiques, de programmes et de stratégies ayant une incidence sur les territoires. Les professionnelles et professionnels qui y travaillent analysent des enjeux complexes, soutiennent la prise de décision et favorisent la concertation entre les différentes parties prenantes concernées.
La gouvernance territoriale repose notamment sur la capacité à comprendre les responsabilités et les interactions entre les différents paliers de gouvernement, les municipalités, les organisations publiques, les communautés, les organismes et les autres actrices et acteurs du territoire. Les enjeux abordés peuvent toucher l’aménagement, l’habitation, l’environnement, la mobilité, le développement régional, l’occupation du territoire ou encore l’accès aux services.
Ces fonctions exigent une compréhension fine des politiques publiques et des réalités territoriales, mais aussi une capacité à composer avec des intérêts, des priorités et des perspectives parfois différents. L’analyse, la concertation, la consultation et la mobilisation des connaissances occupent donc une place importante dans la pratique.
Avec l’expérience, certaines personnes évoluent vers des fonctions de conseil stratégique, de coordination de politiques ou de programmes, de gestion ou de direction. D’autres développent une expertise particulière dans un champ d’intervention ou auprès de certains territoires ou communautés.
Les résultats du tableau ci-dessous proviennent de l'enquête La Relance à l'université conduite tous les deux ans par le ministère de l'Enseignement supérieur du Québec. Réalisée en 2025, elle vise à faire connaître la situation des personnes titulaires d'un baccalauréat ou d'une maîtrise de la promotion 2023, environ 20 mois après l'obtention de leur diplôme. Étant donné que les résultats ci-dessous concernent l'ensemble des personnes diplômées du Québec, le nom du programme peut varier de celui de l'Université Laval.
| Programme | Diplôme | Personnes diplômées visées par l'enquête | Taux de réponse | À la recherche d'un emploi | Aux études | Personnes Inactives | En emploi | En emploi lié à la formation |
Caractéristiques de l'emploi lié à la formation |
||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| À temps plein | Satisfaction de l'emploi | Salaire horaire moyen | |||||||||
| N | % | % | % | % | % | % | % | % | $ | ||
| Urbanisme | Baccalauréat | 102 | 53,92 | 1,82 | 25,45 | 1,82 | 70,91 | 92,31 | 91,67 | 62,86 | 35,17 |
| Maitrise | 65 | 63,08 | 2,44 | 0 | 2,44 | 95,12 | 87,18 | 100 | 51,52 | 37,41 | |
Les données de l'enquête La Relance à l'université permettent de documenter la situation professionnelle des personnes diplômées environ 20 mois après l'obtention de leur diplôme. Elles constituent un point de repère intéressant pour apprécier l'insertion professionnelle, notamment la proportion de personnes en emploi, le lien entre l'emploi occupé et la formation ainsi que la rémunération des personnes diplômées.
Les données disponibles pour les maîtrises en urbanisme au Québec offrent un point de repère pour apprécier la situation professionnelle dans un domaine étroitement lié à l’aménagement du territoire. Elles montrent notamment une situation favorable sur le plan de l’emploi et du lien entre l’emploi occupé et la formation. Ces résultats ne portent toutefois pas spécifiquement sur les personnes diplômées de la maîtrise en aménagement du territoire et développement régional de l’Université Laval et doivent être interprétés en tenant compte du nombre de personnes visées et du taux de réponse à l’enquête.
Statistiques salariales
Les salaires présentés sont fournis à titre indicatif et peuvent varier selon l'expérience, la région, le type d'employeur, le secteur d'activité, les responsabilités associées au poste ainsi que la fonction exercée.
La diversité des avenues professionnelles accessibles aux personnes diplômées en aménagement du territoire et développement régional rend particulièrement important de considérer plusieurs sources. Les données disponibles montrent néanmoins que plusieurs fonctions professionnelles associées à cette formation présentent des rémunérations médianes relativement comparables.
À titre de repères, les données gouvernementales disponibles situent actuellement le salaire horaire médian au Québec autour de 43 $ pour les urbanistes et planificatrices et planificateurs de l'utilisation des sols, de 41,55 $ pour les agentes et agents de développement économique et de 41,03 $ pour les agentes et agents de programmes en politiques sociales. Ces données concernent des groupes professionnels différents et ne représentent donc pas un salaire attendu pour l'ensemble des personnes diplômées en aménagement du territoire et développement régional. Elles permettent plutôt d'illustrer les réalités salariales de certaines avenues professionnelles auxquelles la formation peut mener.
Sources
L'aménagement du territoire et le développement régional s'inscrivent dans un contexte de transformations importantes. Les enjeux liés à l'habitation, aux changements climatiques, à la mobilité, à la protection des milieux naturels, aux infrastructures et aux transformations démographiques influencent directement la façon de planifier et de développer les territoires. Les nouvelles orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT), en vigueur depuis décembre 2024, témoignent de cette évolution en accordant notamment une place importante à la résilience climatique, à l'habitation, à la mobilité durable, à la conservation des milieux naturels et à la vitalité des territoires.
Ces transformations renforcent la pertinence de profils capables d'adopter une lecture transversale des territoires. Les enjeux se présentent rarement de façon isolée : les choix en matière d'habitation ont des effets sur la mobilité et les infrastructures; les changements démographiques influencent les besoins en logements, en services et en transport; l'adaptation aux changements climatiques transforme les pratiques d'aménagement; et les décisions concernant le développement économique doivent tenir compte de la capacité d'accueil et des caractéristiques propres aux territoires.
Les réalités démographiques illustrent particulièrement cette diversité. Les projections de l'Institut de la statistique du Québec montrent des trajectoires très différentes selon les régions : certaines devraient connaître une croissance importante au cours des prochaines décennies, alors que d'autres pourraient connaître une relative stabilité ou une décroissance. Le vieillissement de la population constitue également une transformation structurante. Ces différences peuvent faire émerger des besoins distincts en matière d'habitation, de mobilité, de services, de vitalisation, d'infrastructures et de développement régional.
Des besoins émergents et des expertises qui évoluent
Plusieurs champs d'expertise prennent ainsi une importance croissante. L'adaptation aux changements climatiques et la résilience des collectivités, la planification de l'habitation, la mobilité durable, la conservation des milieux naturels, la gestion de l'eau, la vitalisation des territoires et la planification intégrée de l'aménagement et des transports figurent notamment parmi les enjeux désormais explicitement intégrés aux orientations gouvernementales.
L'utilisation des données territoriales et géospatiales prend également davantage de place dans l'analyse et l'aide à la décision. Les compétences liées aux systèmes d'information géographique (SIG), à la cartographie, à l'analyse de données et au monitorage territorial peuvent donc constituer des atouts importants. L'évolution de l'intelligence artificielle pourrait également transformer certains outils d'analyse, de recherche ou de modélisation. Elle ne réduit toutefois pas l'importance du jugement professionnel : interpréter les données dans leur contexte, comprendre les interactions entre différentes réalités territoriales, évaluer les conséquences possibles d'une intervention et composer avec des intérêts multiples demeurent au cœur de l'expertise.
Enfin, la complexité croissante des enjeux territoriaux renforce l'importance des compétences en concertation, consultation, mobilisation et collaboration intersectorielle. Les projets impliquent fréquemment plusieurs paliers de gouvernement, municipalités, organismes, communautés, entreprises et groupes citoyens. La capacité à comprendre différentes perspectives et à favoriser la recherche de solutions communes constitue ainsi une dimension importante de plusieurs fonctions professionnelles.
Défis d'insertion et développement du projet professionnel
Les perspectives d'emploi des urbanistes et planificatrices ou planificateurs de l'utilisation des sols sont actuellement modérées au Québec pour la période 2025-2027. Le Guichet-Emplois prévoit une croissance de l'emploi qui devrait créer plusieurs postes, quelques possibilités découlant des départs à la retraite, mais aussi la présence de personnes expérimentées à la recherche d'un emploi.
Cette donnée doit toutefois être interprétée avec prudence pour les personnes diplômées en aménagement du territoire et développement régional, puisque leur formation mène à des fonctions beaucoup plus diversifiées que la seule profession d'urbaniste. Les possibilités peuvent se retrouver en urbanisme et planification, en transport, en environnement, en développement économique et régional ainsi qu'en gouvernance et politiques publiques. Les perspectives peuvent donc varier selon la fonction, le secteur, le territoire et le type d'employeur.
La conjoncture du secteur public constitue actuellement un enjeu particulier pour l'insertion. Les ministères et organismes gouvernementaux représentent traditionnellement un bassin d'emploi important pour ces personnes diplômées. Les restrictions d'embauche dans la fonction publique peuvent donc limiter temporairement l'accès à certaines possibilités, même dans un contexte où les besoins en expertise territoriale demeurent importants. Cette distinction est essentielle : l'existence de besoins sociaux ou territoriaux ne se traduit pas nécessairement immédiatement par la création ou l'ouverture de postes.
Dans ce contexte, il peut être avantageux de définir son projet professionnel de façon suffisamment ouverte. Une même compétence (analyse territoriale, concertation, gestion de projets, SIG, analyse de politiques ou développement de stratégies) peut être mobilisée dans plusieurs secteurs et sous différents titres d'emploi. Explorer les possibilités dans les municipalités et les MRC, les firmes-conseils, les organismes de développement, les sociétés de transport, les organismes environnementaux ou communautaires ainsi que dans les organisations autochtones peut contribuer à élargir les avenues d'insertion.
Pour les personnes qui souhaitent exercer comme urbanistes, l'adhésion à l'Ordre des urbanistes du Québec constitue par ailleurs une avenue professionnelle à considérer. Elle permet d'accéder au titre réservé d'urbaniste et peut être exigée pour certaines fonctions. Le choix d'entreprendre cette démarche gagne donc à être mis en relation avec le projet professionnel et les types de postes envisagés.
Les stages, les expériences professionnelles et le développement d'un réseau de contacts demeurent également des leviers importants. Ils permettent de mieux comprendre les réalités des différents milieux, de préciser son projet professionnel et de rendre visibles des compétences qui sont parfois transférables d'un secteur à l'autre.
En bref
Principales sources de référence
Mise à jour : vendredi 25 septembre 2026